Dolly, un succès très limité

 

  1. La brebis la plus célèbre au monde

De nombreux clonages d'animaux ont été tentés depuis 1970. Quelques-uns ont réussi en partant de cellules embryonnaires (naturellement plus faciles à reprogrammer), mais personne n'avait pu obtenir un clone à partir d'un animal adulte... jusqu'à la naissance de Dolly le 5 juillet 1996 au Roslin Institute, en Ecosse. L'image du premier clone d'un mammifère adulte, en apparence semblable à n'importe quelle autre brebis, fait alors le tour de la planète. Si sa naissance a provoqué l'effet d'un tremblement de terre, c'est parce que Dolly annonçait la possibilité de se passer de la reproduction sexuée pour concevoir un être vivant. L'application de cette technique à l'espèce humaine a immédiatement suscité une grande crainte dans l'opinion publique, et réveillé le fantasme du clonage d'un être humain.

 

 

  1. Une loterie qui compte très peu de gagnants

Le clonage des mammifères par transfert du noyau d'une cellule non sexuelle, dans l'état actuel, connaît un succès essentiellement médiatique. En effet, le taux de réussite, c'est à dire le rapport entre le nombre de naissances et le nombre d'embryons constitués, est très faible : il ne dépasse pas 2 à 3 % en moyenne toutes espèces confondues. Le taux se situe entre 3 et 5 % chez la vache, entre 1 et 3 % chez la souris, et il est inférieur à 1 % chez le lapin. Pour Dolly, il a fallu appliquer 277 fois la méthode et produire 29 embryons reconstitués. Selon la méthode employée, entre 30 et 80 % des embryons parviennent au stade blastula. Et 90 % au moins des embryons implantés in utero périssent aux premiers stades du développement foetal ou plus tard au cours de la gestation. Cette mortalité est associée à des anomalies du placenta et à une taille excessive des organes (foie, coeur) du foetus. Chez des veaux morts quelques jours après leur naissance, on a constaté des lésions cardio-vasculaires et pulmonaires, ainsi que des déficits imunitaires. En dépit de multiples tentatives, certaines espèces résistent au clonage pour des raisons inexpliquées. C'est notamment le cas de certains primates (comme les singes thésus) ou des chiens. Ces échecs témoignent de la connaissance très imparfaite des mécanismes du clonage.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site